Publié par : Sylvain | 15 mai 2013

Les ballons des Vosges

Pour ces 3 jours de vélo le départ est à Plancher-bas en Haute-Saône à environ 450m d’altitude.

Je vais citer beaucoup d’altitudes cette fois car contrairement à la plupart de mes balades ce n’est pas la distance parcourue qui constitue une difficulté, mais plutôt le dénivelé cumulé des étapes.

À Plancher-Bas nous nous trouvons à la lisière sud du massif. Nous remontons d’abord en faux-plat le Rahin jusqu’à Plancher-les-Mines. Des mines il n’y en a plus, ne reste de cette époque qu’un curieux hôtel de ville très urbain. C’est que le village fût 3 fois plus grand.

Hôtel de ville de Plancher-les-Mines

Ensuite la pente s’accentue, on laisse sur notre droite la montée vers la Planche-des-Belles-Filles. C’est un cul-de-sac, ça ne nous intéresse pas. La route devient étroite et n’est toujours pas officiellement ouverte à la circulation. C’est donc la partie la plus isolée du parcours.

Route du Ballon de Servance

Ça grimpe jusque sous la cime du Ballon de Servance, à 1158m. Plus haut la route est fermée, terrain militaire. En fait de ballons nous n’en gravirons pas un seul, les routes passent toujours légèrement en dessous.

La montée est dans une très belle forêt mixte. Le vert sombre des résineux contraste avec le vert tendre des feuillus. Les échappées sont rares pour voir le paysage mais la forêt est loin d’être oppressante pour autant. Près du sommet les feuilles sont rares, des branches tombées sur la route n’ont pas encore été déblayées et il reste quelques rares plaques de neige dans les fossés.

Vue dans la montée vers Servance

Le Ballon de Servance vu dans la descente

Nous redescendons ensuite sur le flanc ouest vers le col des Croix (679m). Au passage nous surplombons le minuscule hameau de Château-Lambert.

Château-Lambert

Du col on a une belle vue sur la vallée de la Moselle et la petite ville du Thillot. Derrière on voit une bonne partie du massif vosgien.

Vue sur le Thillot

Au lieu de descendre dans la vallée de la Moselle nous choisissons de rester sur la crête qui sépare la Lorraine de la Franche-Comté. Le parcours est un peu bosselé et parsemé d’étangs.

Etang entre col des Croix et Mont de Fourche

Nous atteignons le col du Mont de Fourche (620m) où un vélo géant me rappelle le pied de la côte Jacques Anquetil en Normandie.

Col du Mont de Fourche

Cette fois nous quittons les hauteurs pour un peu de kilomètres faciles le long de la voie verte des Hautes-Vosges. Nous la descendons d’abord presque jusqu’à Remiremont (390m) puis la remontons jusqu’à son terminus Cornimont (500m). Je crois qu’on peut parler de terminus parce que toutes les voies vertes que nous utiliserons dans les Vosges sont d’anciennes voies ferrées réaménagées.

De Cornimont nous retrouvons une étroite route très peu fréquentée qui nous hisse jusqu’au col de la Vierge (1067m). Puis dans un sursaut sur une route plus fréquentée nous rejoignons la route des crêtes (1195m) juste sous le Rainkopf. Le ciel s’est couvert mais pas une goutte de pluie n’est encore tombé.

Le Rothenbachkopf (1316m)

Vue sur la vallée de la Thur

Nous passons la nuit dans une auberge de la crête. Pour cette première journée nous avons roulé 100km tous ronds et 1940m de D+.

Le lendemain il pleut. Tous les vêtements de protection sont mis à contribution, mais heureusement ce ne sera utile qu’un gros quart d’heure. Dommage quand même que la météo nous ait privé du sommet du Hohneck (1363m).

Au niveau du gazon du Faing nous roulons à la limite des nuages, la crête se dévoile parfois.

Le Gazon du Faing (1302m)

De col en col nous descendons doucement : Col de la Schlucht (1139m), col du Calvaire (1144m), col du Louschbach (978m), col du Bonhomme (949m), col du Pré de Raves (1005m), col des Bagenelles (904m).

Vue sur la vallée du Bonhomme

Ensuite c’est le plongeon dans la très jolie vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. Les arbres fruitiers sont en fleurs, ça nous change des rigueurs des crêtes.

Vue sur la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines

Après avoir un peu hésité dans la traversée du village (que de sens uniques !) nous attrapons une courte voie verte pour les quelques kilomètres de vallée qu’il nous reste à descendre.

Voie verte dans la vallée de Sainte-Marie

Finalement nous descendons jusqu’à 270m d’altitude, la plaine d’Alsace est bien basse. C’est pour mieux remonter à l’assaut de notre col de la journée, qui est plutôt un sommet, le château du Haut-Koenigsbourg (707m).

Il y a beaucoup de cyclistes par rapport à la veille et malgré les sacoches et des vélos lourds nous nous défendons correctement en montée. Au château il y a aussi beaucoup de voitures qui peinent à se garer et entre lesquelles nous avons dû nous faufiler pour atteindre l’entrée du site.

Château du Haut Koenigsbourg

Le Haut-Koenigsbourg est vraiment au bord des Vosges. Il domine toute la plaine d’Alsace et fait face à la Forêt Noire. Au pied des montagnes s’étend un chapelet de villages étonnamment compacts au milieu des vignes. L’étalement des lotissements pavillonnaires semble maîtrisé ici. Il faut dire que la vigne doit valoir son pesant d’or.

Orschwiller

Après une belle descente zigzaguant en forêt nous débouchons dans la plaine d’Alsace. Enfin sur les bords elle n’est pas très plate et nous rencontrerons quelques beaux raidillons dans l’après-midi.

Encore tôt en saison, les vignes ne sont pas très belles et elles relèvent plutôt de l’élevage de fils de fer.

Haut-Koenigsbourg depuis Saint Hippolyte

Presque tous les villages de la route des vins sont pittoresques. Il y a toujours des maisons à colombage, des vestiges de tours et de remparts ou des nids de cigognes.

Maison à St-Hippolyte

Place de Bergheim

La petite ville de Ribeauvillé est particulièrement jolie, toute en longueur avec dans l’axe de la rue principale les ruines d’un château.

Ribeauvillé

Les villages sont très rapprochés les uns des autres, pas plus de 2 kilomètres ne les séparent. Et entre il n’y a que de la vigne, pas une autre culture ne vient s’intercaler.

Hunawihr

Le plus touristique des villages est Riquewihr (tellement touristique qu’on y croise des collègues !). Ce n’est pourtant pas le village que j’ai préféré.

Porte de Riquewihr

Au niveau de Turckheim nous quittons cette route des vins d’Alsace pour monter doucement dans la vallée de Munster.

La ville de Munster semble le paradis des cigognes. Nous avons compté une bonne vingtaine de nids, tous occupés, sur les bâtiments publics, les arbres et même quelques mâts spécialement installés.

Munster, 8 nids de cigognes sur un bâtiment

Façade de Pharmacie à Munster

Nous passons la nuit dans un hôtel du centre-ville et nous dégustons les spécialités du coin (choucroute, gratin au munster, vin d’alsace et même eau minérale qui vient de Ribeauvillé).

Pour ce 2ème jour nous avons roulé 110km pour 1300m de D+.

Le matin du 3ème et dernier jour il fait bien gris sur les crêtes mais il ne pleut toujours pas. Nous commençons directement par une longue montée, depuis Munster (405m) jusqu’au Breitfirst  (1280m). Là haut nous rejoignons la route des Crêtes (toujours la même !) et la suivons dans les nuages  en direction du Grand Ballon.

Le sommet du Grand Ballon (1424m)

Il y a vraiment beaucoup de motards sur cette route. On en regretterait presque les petites routes du premier jour vers le Ballon de Servance. Mais ici une fois que les nuages se lèvent il y a un panorama plus grandiose. Et surtout il y a une vertigineuse descente de plus de 1000m jusqu’à Bitschwiller  dans la vallée de la Thur. Il faut juste faire un peu attention aux quelques virages pavés.

Le Grand Ballon depuis Bitschwiller

Une fois en bas, nous remontons sur l’autre rive de la Thur pour un col plus modeste, le Hundsruck (761m) afin de passer dans la vallée de la Doller.

C’est au début de cette montée qu’on a la plus belle vue sur le Grand Ballon (photo ci-dessus), on voit bien la différence de végétation et de saison avec la dénivelée. Aussi, j’y ai pensé après coup, la forêt vosgienne m’a paru en très bonne santé, les dernières grandes forêts européennes que j’ai vu (Tatras slovaques en 2011, Forêt de Bohême en 2012) étaient très abîmées par les parasites alors qu’ici les arbres ont l’air en pleine forme. S’ils manquent de feuilles c’est uniquement parce qu’il fait froid sur les crêtes. D’ailleurs nous aurons bien eu besoin des gants et coupe-vent.

Entre Masevaux et Sewen nous suivons une dernière voie verte très agréable. Ensuite ça grimpe à nouveau raide jusqu’au pied du Ballon d’Alsace.

Vallée de la Doller

Nous envisagions d’atteindre son sommet mais le temps s’est à nouveau couvert et nous commençons à en avoir plein les jambes. Alors nous nous contentons du col (1055m).

Une dernière descente enchaîne de belles épingles jusqu’à Giromagny (500m) puis il ne nous reste plus qu’à quitter la vallée de la Savoureuse pour celle du Rahin et rejoindre Plancher-Bas.

Pour ce 3ème jour nous avons parcouru 107km pour environ 2200m de D+.

La dénivelé nous a fait atteindre des moyennes insoupçonnées : 14,8km/h de vitesse moyenne roulante pour le dernier jour (à titre de comparaison,  avec des sacoches je roule plutôt autour de 18-19). Nous avons mis 3h pour parcourir les 30 premiers kilomètres.

Et voila le tracé (et le profil) de cette belle boucle de 3 jours :

Tour des Ballons des Vosges

Publié par : Sylvain | 1 mai 2013

Madeira

Après l’île de Pico dans l’archipel des Açores l’année dernière, me voici dans une autre île de Macaronésie : Madère. Celle-là aussi est portugaise.

La région autonome de Madère comporte 7 îles, dont 2 seulement sont habitées. La plus grande et la plus peuplée d’entre-elles est l’île de Madère elle-même. L’île est d’origine volcanique et a un relief très marqué qui en fait une destination prisée pour la randonnée, c’est d’ailleurs le but de ce voyage. Son climat doux toute l’année, humide et ensoleillé lui a donné une végétation luxuriante.

La seule zone qu’on peut qualifier d’aride est la pointe de São Lourenço, à l’extrémité orientale de l’île. Elle a été déforesté par les colons et les arbres ne l’ont jamais reconquise. Ces paysages sont du coup très différents du reste de Madère.

Falaises de São Lourenço

Les falaises de la pointe gardent la trace des éruptions successives. La dernière éruption sur l’île est datée d’environ 6000 ans.

Pointe de São Lourenço

Le vent souffle de l’Est, c’est un vent chaud venant d’Afrique et la température est élevée pour la saison, environ 27°C. Le vent voile aussi l’atmosphère et la visibilité n’est pas fameuse, la distinction entre le ciel et l’océan est floue. On distingue à peine les îles désertes au Sud et aucune trace de l’île de Porto Santo située à une quarantaine de kilomètres.

Pointe de São Lourenço

Ce même jour nous longeons aussi notre première levada. Les levadas sont des canaux servant à acheminer l’eau d’un versant à l’autre de l’île, la côte nord étant plus arrosée que la côte sud. De part leur faible pente, environ 15m par kilomètre, elles retiennent l’eau plus longtemps sur l’île au lieu de la laisser filer dans l’océan. Il y a plusieurs centaines de kilomètres de ces canaux typiques de Madère alors que l’île ne fait que 53km sur 20.

Levada au dessus de Machico

Cette Levada se trouve au dessus de Machico. Machico fut la première colonie portuguaise sur l’île de Madère en 1420. L’île était auparavant inhabitée, ce qui est compréhensible vu sa situation isolée : les terres les plus proches sont les îles Canaries à plus de 400km.

Après avoir franchi la Boca do Risco, le col du danger, le chemin devient un beau balcon à plus de 300m au dessus des flots. C’était auparavant une voie de passage importante pour rallier la côte nord de l’île mais maintenant il y a beaucoup de tunnel routiers et de viaducs pour éviter les escarpements.

Côte Nord de Madère

La côte Nord est plus rurale que la côte Sud. On y cultive la vigne et la canne à sucre. On voit d’ailleurs des vignes sur le talus très raide à droite de la levada 2 photos plus haut. L’agriculture est florissante, par exemple les pommes de terre donnent 3 récoltes par an et l’île exporte des milliers de tonnes de bananes. Le filet de sabre à la banane est d’ailleurs ce que j’ai le plus consommé du séjour.

L’habitat traditionnel, des maisons au toit de chaume triangulaire, n’est plus présent que pour le folklore. C’est vrai qu’il fait des maisons plutôt petites.

Maisons traditionnelles à Santana

Le jour suivant nous pénétrons vraiment au cœur de l’île pour une randonnée très courue : le chaudron vert. Ce n’est pas une randonnée difficile puisqu’elle consiste à longer une levada, c’est donc plat malgré le relief escarpé.

Caldeirão Verde, vue sur les montagnes

Caldeirão Verde, vue sur la vallée

Le chemin n’en reste pas moins un sentier souvent étroit, calé entre la levada (qui fait environ 70cm de large) et quelques dizaines de mètres de vide. Le parcours est équipé de câbles presque en continu. C’est aussi le premier tunnel que nous traversons car la levada ne suit pas toujours la courbe de niveau et traverse parfois carrément un bras de montagne.

Levada vers le Caldeirão Verde

Au terme de la randonnée, après avoir traversé la luxuriante forêt de lauriers unique au monde (Laurisylve), on débouche enfin sur le chaudron vert. C’est un tout petit cirque dont les parois verticales sont couvertes de végétation, et au milieu coule une cascade.

Cascade du Caldeirão Verde

Sur la route du retour nous passons un superbe belvédère sur la "plaine" côtière de Arco de São Jorge. Autour du village ce ne sont que des vignobles.

Arco de São Jorge

Le soir, nous logeons dans un hôtel de montagne, le long de la route du col d’Encumeada. Ce col est l’unique traversée Nord-Sud au centre de l’île dans les montagnes. Il y a une très belle vue sur le Pico Grande (1640m) depuis le balcon.

Pico Grande vu d'Encumeada

Pour notre première randonnée en altitude, nous arpentons le grand plateau de Paúl da Serra qui situé à l’Est d’Encumeada. C’est la seule zone plate de l’île, à 1300m d’altitude. Il fut d’ailleurs une option pour la construction de l’aéroport de Madère dans les années 60, mais ses conditions climatiques et la difficulté de construire une route d’accès ont conduit à privilégier une construction de l’aéroport sur la côte.

Plateau de Paúl da Serra

La végétation est celle d’un lande, essentiellement des genêts et des ajoncs aux piquants acérés. On y voit aussi quelques lapins, plus morts que vivants à cause d’une épidémie de mixomatose.

Le point culminant du plateau est le Pico Ruivo do Paúl. Nous longeons la bordure du plateau de celui-ci jusqu’à la petite pointe de Bica da Cana avec de belles vues sur la vallée de São Vicente.

São Vicente

Il y a bon nombre d’éoliennes sur le plateau qui doit être l’endroit le plus venteux de Madère.

Eoliennes entre Bica da Cana et le Pico Ruivo do Paúl

Sur le versant nord du plateau, le plus arrosé, la végétation est une luxuriante forêt de bruyère. Là où sur le continent la bruyère n’est qu’un tout petit arbuste, elle forme ici des arbres tortueux de plusieurs mètres de haut et qui sont parfois millénaires. C’est, comme celle de lauriers, une forêt typique de l’île.

Nous rattrapons la levada do Norte en contrebas qui nous permet de revenir vers Encumeada à plat. Nous empruntons plusieurs tunnels dont le plus long mesure 1km. Cette levada est assez récente. Elle a été construite au début des années 50 pour alimenter les turbines d’une centrale hydroélectrique.

Levada do Norte

Tunnel sur la levada do Norte

Le lendemain nous partons du côté Est de la route d’Encumeada, la zone la plus impressionnante de Madère par son relief (l’Ouest est essentiellement constitué du plateau de Paúl da Serra).

Sur le balcon du Pico Grande

Nous franchissons un col qui surplombe Curral das Freiras, la vallée des nonnes, sans doute la plus belle vallée de l’île. La météo est en plus toujours au beau fixe.

Curral das Freiras

Du haut du Pico Grande, qui malgré son nom est loin d’être le plus haut sommet de Madère, la vue s’étend sur toutes les montagnes de l’île, notamment la chaîne des pics déchiquetés qui s’étendent entre le Pico Arieiro et le Pico Ruivo. Les pics sont tellement acérés qu’on dirait que la photo a été retouchée et comprimée horizontalement.

Pico das Torres, Pico do Gato, Pico Cidrão

La dernière randonnée consiste justement à longer cette crête déchiquetée. Départ après avoir admiré le lever du soleil du Pico Arieiro à 1818m d’altitude, plus haut point de l’île accessible par la route. On se demande ensuite parfois où va passer le sentier, mais celui-ci est très bien aménagé et sécurisé.

Départ du Pico Arieiro

Sentier vers le Pico Cidrão

Sous le Pico do Gato, la dent du chat, il y a un premier tunnel à franchir, puis à nouveau quelques-uns dans le contournement du Pico das Torres. Au bout de 2 bonnes heures de marche nous atteignons le Pico Ruivo, point culminant de Madère avec ses 1862m d’altitude. La vue s’étend à 360° et l’atmosphère est assez claire pour distinguer les îles désertes au sud et l’île de Porto Santo au nord-est (visible en agrandissant la photo).

Vue vers le nord-est du Pico Ruivo

Au sud on devine difficilement la crête traversée, tellement les flancs sont abrupts. On voit tout de même au fond la sphère de la station radar du Pico Arieiro.

Vue vers le sud du Pico Ruivo

La descente se fait également par une belle ligne de crête. Sur les versants nord on retrouve de belles forêts de bruyère, même si un incendie les a détruit 2 ans plus tôt près des sommets.

Descente du Ruivo dans la bruyère

Descente du Pico Ruivo, vue vers la côte nord

Ensuite nous plongeons dans une forêt d’Eucalyptus très dense et odorante dans la vallée de Curral das Freiras. Nous faisons fasse au Pico Grande gravi la veille.

Pico Grande et Curral das Freiras

Du fond de la vallée, la vue vers la paroi du Pico das Torres est magnifique et conclue bien ces quelques jours de randonnées.

Pico das Torres depuis Curral das Freiras

Nous passons les derniers jours du voyage dans la capitale Funchal et ses environs. La météo se détériore sur les hauteurs mais reste très agréable et ensoleillée au niveau de la mer. La vieille ville est centrée sur la rue Santa Maria où toutes les portes sont peintes. La rue se termine au niveau du fort Saint-Jacques aux murs couleur safran.

Portes peintes de la rue Santa Maria

Fort Saint Jacques à Funchal

Eglise et Arocaria dans le centre de Funchal

La ville possède quelques beaux jardins. Les plus grands sont sur les hauteurs : le jardin tropical de Monte, le jardin botanique…

Jardin botanique de Funchal

Jardin botanique de Funchal

Jardin botanique de Funchal

Le fort du pic offre un beau panorama sur la ville. Ce matin là un énorme navire de croisière effectue péniblement son créneau dans le port.

Funchal et bateau de croisière

La ville possède un relief impressionnant, en 5km on se retrouve à près de 600m d’altitude en partant du centre-ville au bord de la mer. La rocade est déjà à 200m d’altitude et n’est qu’une succession de tunnels et d’ouvrages d’art.

Pont suspendu sur la rocade de Funchal

La ville est jolie vue d’en haut, on se rend mieux compte de sa situation et que le petit centre est la seule zone plate de la côte madèrienne.

Centre ville de Funchal

Ce séjour a été vraiment dépaysant avec ces paysages volcaniques couverts d’une luxuriante végétation.

En tout cas c’est une destination pour la randonnée, pas pour le vélo, les pentes des routes sont monstrueuses !

Publié par : Sylvain | 8 avril 2013

Paris – Albi

La semaine dernière je suis parti jusqu’à Albi à vélo, de chez-moi en région parisienne.

Je suis parti en dépit de la météo encore quasi hivernale et sans être certain de ma capacité à effectuer ce trajet en si peu de jours : 765 kilomètres en 6 jours. C’est le premier voyage depuis de longs mois. Pour mettre toutes les chances de mon côté je suis parti léger, avec 2 sacoches pas très remplies, en prévoyant des étapes en auberges de jeunesse, couchsurfing et un hébergement chez des amis à Toulouse.

Jour 1 : Paris → Montargis – 125km

Comme l’accueil des auberges de jeunesse n’ouvre généralement qu’après 18h, pas besoin de partir dès potron-minet. J’ai mis les voiles un peu avant 10h du matin pour l’étape la plus urbaine du trajet. Au programme de la fin de matinée : les villes industrielles de la vallée de la Seine.

Pont du Port à l'Anglais

Centrale thermique à Ivry

J’alterne rives gauche et droite selon un trajet que je commence à connaître même s’il ne me satisfait pas pleinement. Au niveau d’Évry, entouré de forêts on se croirait presque sorti de l’agglomération, mais c’est sans compter le port fluvial de Corbeil.

Centre de Corbeil-Essonnes

Je quitte la vallée au niveau de Ponthierry, une cinquantaine de kilomètres en amont de Paris, pour suivre une autre vallée plus discrète, celle de l’École. Je traverse le village de Fleury-en-Bière et son beau château, plus connu des touristes comme étant le nom d’une grande gare de péage de l’autoroute A6. Je coupe ensuite la forêt de Fontainebleau, ou plus exactement le massif des 3 Pignons pour plonger ensuite dans la vallée du Loing.

C’est une surprise en arrivant au village de Larchant de tomber sur une énorme église au clocher éventré.

Eglise de Larchant

Ensuite je passe la ville de Nemours. Il y a un gros château et de nombreux canaux sillonnent la ville.

Château de Nemours

Canal à Nemours

Après une portion de route désagréable le long des usines automobiles de Bagneaux-sur-Loing, la route remonte sur le plateau pour mieux aborder Château-Landon. C’est une jolie petite ville sur une arête rocheuse surplombant la vallée du Fusain.

Château Landon

Château Landon

Juste après cette ville je quitte la région Île-de-France et j’arrive avec une heure d’avance à l’auberge de jeunesse de Cepoy, à quelques kilomètres au nord de Montargis. Celle-ci est logée dans un petit château en bordure du canal du Loing. Dommage que le froid empêche de profiter de son parc.

Toute la journée s’est déroulée dans un froid sec et sous un soleil à peine voilé.

Parcours Montreuil - Cepoy

Jour 2 : Montargis → Bourges – 135km

Le lendemain je pars beaucoup plus tôt, vers 8h en pensant passer plus de temps à l’arrivée pour visiter Bourges, la plus grande ville sur mon parcours.

Je traverse Montargis dans le brouillard puis le sud du Gâtinais dans une alternance de champs de céréales à peine verdissant et de forêts encore sans feuilles. Après 50km je franchis la Loire à Gien avec un peu de soleil.

La Loire à Gien

Sur la rive sud de la Loire ça commence à monter un peu. Il faut franchir les contreforts des collines du Sancerrois. Les villages sont assez éloignés les uns des autres et il y a beaucoup de châteaux dans les environs.

Autry le Châtel

Les églises aussi prennent un genre particulier, comme ici à Blancafort.

Blancafort

La pluie finira par me rattraper peu après le village au curieux plan régulier d’Henrichemont, heureusement assez proche de Bourges.

Vue aérienne d'Henrichemont - (c)IGN

Du coup je ne profite que peu de la ville de Bourges dont les tortueuses ruelles médiévales semblent pourtant prometteuses.

Cathédrale de Bourges

La ville et les collines du Sancerrois mériteront une autre visite un jour où la météo sera plus clémente.

Parcours Montargis - Bourges

Jour 3 : Bourges → Murat (Creuse) – 170km

Le troisième jour constitue ma plus longue étape. Je mets les voiles presque au lever du soleil. Avec le brouillard qui s’attarde sur la plaine berrichonne je peine à réchauffer mes doigts et mes pieds.

Ma première halte se trouve au franchissement du Cher à Châteauneuf après un trajet interminable et plat en quasi ligne droite. L’église de Châteauneuf, tout en arcs-boutants, est assez originale.

Châteauneuf-sur-Cher

L’autre rive du Cher fait la part belle aux pâturages et devient nettement plus vallonnée. Je passe quelques gros bourgs comme Le Châtelet et Culan, aux confins des régions Centre et Limousin, avant d’arriver dans le département de la Creuse. À peine à mi-étape, je me sens déjà fourbu, mais la situation va en fait s’améliorer dans l’après-midi.

Je m’arrête pour manger près du château de Boussac.

Château de Boussac

J’emprunte ensuite des "grandes routes", rouges sur la carte. Mais vu le département et le jour , dimanche de Pâques, elles sont désertes. C’est sans doute ce qui m’a permit de faire cette longue étape en un temps raisonnable.

Malheureusement à Chénérailles, la route qui poursuit au sud vers Aubusson est coupée. La déviation me rajoute 10km et me fait passer dans la vallée de la Creuse, additionnant encore un peu de dénivelé. Mais l’arrivée le long de la rivière à Aubusson est plutôt agréable.

La Creuse à Aubusson

Tour de l'horloge à Aubusson

Après la sous-préfecture, je monte à l’assaut du plateau de Millevaches par la vallée de la Beauze pour rejoindre le hameau où vit la famille de couchsurfeurs qui m’héberge pour un soir, dans un corps de ferme magnifiquement rénové. Après une si longue étape et un apéritif haut en couleurs avec les locaux je dors comme un loir.

Parcours Bourges - Murat

Jour 4 : Murat → Beaulieu-sur-Dordogne – 145km

Ce jour là, à cause de l’altitude, je crains d’avoir encore plus froid que la veille. Il y a de la gelée blanche mais un très beau soleil quand je pars à 9h du matin. Et finalement je n’ai pas froid du tout.

Il faut dire que ça commence par monter sec pour atteindre les  900m du plateau de Millevaches.

Limousines sur le plateau de Millevaches

Les pâturages se font de plus en plus rares pour laisser la place à des tourbières et des forêts, avec ça et là quelques moutons. C’est l’étape la plus sauvage du parcours. Le plateau est vraiment splendide même s’il n’a de plateau que le nom, les faux-plats et les raidillons se succèdent à un rythme soutenu.

À la limite entre Creuse et Corrèze, je pense franchir le point culminant du parcours, couronné de quelques éoliennes.

Éoliennes près de Pigerolles

Tourbière sur le plateau de Millevaches

Au niveau de Bonnefond, après 50km de ce régime, c’est enfin une longue descente en forêt jusqu’à Égletons. A quelques dizaines de kilomètres, en face de la ville les cimes du massif du Sancy émergent enneigées du plateau de forêts. C’est la seule photo que je regrette de ne pas avoir prise.

Je poursuis en faux-plat descendant, mais le vent de face me mène la vie dure. Pour y échapper je plonge dans les gorges de la Dordogne au niveau du barrage du Gros-Chastang. La vallée couverte intégralement de forêts est sans doute plus belle quand les arbres ont des feuilles.

Barrage du Gros-Chastang

De là, je longe la rivière jusqu’à la fin de l’étape. En passant d’abord par la bourgade d’Argentat.

La Dordogne à Argentat

Les belles demeures se succèdent dans cette riche vallée de la Dordogne mais le plus beau reste la bien nommée Beaulieu-sur-Dordogne où je fais étape.

Arrivée à Beaulieu

Portail de l'abbatiale de Beaulieu

L’auberge est la plus petite et la plus sympathique du parcours même s’il n’y a pas foule.

Le ciel ne laisse rien augurer de bon pour le lendemain. Heureusement les plus grosses étapes sont passées.

Parcours Murat - Beaulieu

Jour 5 : Beaulieu-sur-Dordogne → Villefranche-de-Rouergue – 105km

Comme promis, il pleut. La pluie va durer toute la journée sans discontinuer. Le retour à un jour ouvré augmente aussi considérablement le trafic sur les routes. C’est dommage parce que les paysages, villes et châteaux auraient constitué une très belle étape.

Je continue d’abord le long de la Dordogne jusqu’aux environs du château de Castelnau. Je pénètre au passage dans le département du Lot, région Midi-Pyrénées, je suis bientôt arrivé.

Castelnau

J’oblique ensuite vers St-Céré, blotti dans un joli cirque de collines.

Saint-Céré

À partir de là je franchis un premier relief, où les conditions météo sont dantesque au niveau du "col" à 600m d’altitude. Je redescends trempé à Figeac, ville historique qui malheureusement est également un très gros carrefour routier. La jonction avec Capdenac n’est pas très agréable avec tous ces camions.

Je remonte ensuite sur un causse où la encore les conditions empirent avec l’altitude avant d’arriver, bon à essorer de la tête aux pieds, à Villefranche de Rouergue.

La ville est une jolie bastide mais je n’en fais pas de photo sous la pluie.

Vue aérienne de Villefranche de Rouergue - (c)IGN

Parcours Beaulieu - Villefranche

Jour 6 : Villefranche-de-Rouergue → Albi – 85km

Voila la dernière étape de cette méridienne. Un ami me rejoint à la gare dès le matin et nous partons à la découverte de la bastide. Elle était sous la pluie la veille, la voila dans un épais brouillard. Tant pis pour les photos. La place centrale est entourée d’arcades dont même l’énorme clocher de l’église fait partie.

Villefranche de Rouergue

Nous roulons d’abord à plat le long de l’Aveyron avant de monter raide pour aborder le village de Najac par le haut.

Najac

À l’heure où nous arrivons le village et son château à la belle silhouette n’émergent qu’à peine du brouillard.

Château de Najac

Après une petite série de montagnes russes pour couper un méandre de l’Aveyron, le soleil s’est cette fois franchement installé.

St-Vincent près de Varen

Varen

Le clou de la journée est le village de Cordes-sur-Ciel. Quand on l’aborde par l’Ouest, il porte bien son nom vu le raidillon qu’il impose pour l’atteindre.

Arrivée à Cordes-sur-Ciel

C’est un très beau et très touristique village médiéval avec remparts, ruelles pavées, maisons aux fenêtres gothiques…

Porte de Cordes-sur-Ciel

Rue de Cordes-sur-Ciel

Halle de Cordes-sur-Ciel

Façade de Cordes-sur-Ciel

La fin de l’étape a lieu sur un plateau minier avant de plonger sur la ville d’Albi au niveau du sanctuaire de Notre-Dame de la Drèche dont l’architecture préfigure déjà Albi.

Notre-Dame de la Drèche

La ville d’Albi est toute de brique rouge. Le Tarn la traverse en bouillonnant sous ses 2 ponts.

Pont neuf d'Albi

Le Tarn à Albi

Albi

Musée Toulouse-Lautrec

Le plus impressionnant reste la cathédrale Sainte-Cécile qui ressemble à une véritable forteresse de briques.

Sainte-Cécile

Façade de Sainte-Cécile

Dans le centre il y a aussi d’autres recoins préservés comme le cloître saint Salvy.

Cloître Saint-Salvy

Nous prenons ensuite un train vers Toulouse après avoir bien profité de cette journée très ensoleillée.

Parcours Villefranche - Albi

Je passe ensuite une journée à me reposer et visiter Toulouse avant de retourner en région parisienne.

Place du Capitole à Toulouse

Publié par : Sylvain | 3 mars 2013

Paris – Meaux – Paris

En longeant les pistes cyclables qui ceinturent Paris (elles portent un numéro d’itinéraire, 11 je crois), il ne me faut guère qu’une vingtaine de minutes pour rejoindre le canal de l’Ourq pile à l’endroit où il sort de Paris (ou plutôt y rentre vu le sens du courant).

A cet endroit le tramway des maréchaux, inauguré il y a à peine quelques mois,  fait une exception puisqu’au lieu de longer le boulevard du même nom il fait une incursion à Pantin. C’est carrément une nouvelle rue, un nouveau pont et des nouveaux bâtiments qui ont été construits.

Bâtiment le long du tram à Pantin

Au bord du canal, les grands moulins de Pantins ont été totalement rénovés il y a quelques années.

Grands moulins de Pantin

Le canal de l’Ourq n’est pas vraiment joli en hiver mais toujours aussi pratique pour sortir de l’agglomération à vélo. En fait les plus beaux bâtiments qui le bordent sont sans doute les grands moulins maintenant. À condition qu’on aime l’architecture industrielle.

Le canal constitue vraiment une autoroute à vélo, dans la mesure où une fois qu’on est dessus on ne se pose plus de question sur la direction à suivre. On en ressort 30km plus loin sans avoir rien vu des villes traversées (pourtant elles sont très télégéniques, on en parle souvent au 20h). Le canal est souvent dans une tranchée boisée et avec le vent d’Est qui s’y engouffre ça caille. Dans le parc de la poudrerie de Sevran les mares sont mêmes encore gelées.

Une fois au bout j’ai suivi des petites routes de campagne, zigzaguantes dans les villages mais bien droites en dehors parce que le pays de France (c’est comme ça que s’appelle le coin), c’est plutôt plat. D’ailleurs le village le plus connu des environs le prouve bien puisqu’on y a installé un aéroport plutôt étendu : Roissy-en-France.

Les équipes de cyclistes sont au taquet, j’en ai croisé 4 en 10km, avec voitures suiveuses et gyrophare et tout.

Le dernier kilomètre avant Meaux, sur la nationale 3, n’est pas très agréable. C’est toujours difficile de se sentir à sa place sur des grandes routes comme ça.

La ville elle même, à part avoir donné son nom à un fromage à pâte molle, s’enorgueillit d’une grosse cathédrale flanquée d’un palais et jardin épiscopal. C’est vrai que la cathédrale vaut le coup d’œil mais les ruelles médiévales autour n’ont de médiéval que le nom. Bon je suis prêt à laisser une seconde chance à la ville un jour d’été.

Cathédrale de Meaux

Nef de la cathédrale de Meaux

Maison du chapitre - Meaux

Malgré une position qui pourrait être agréable le long de la Marne, le centre-ville est coupé de la rivière par une gros boulevard. Sur l’autre rive il y a une ancienne halle de marché, mais qui est en fait un parking couvert très officiel, le marché n’ayant lieu qu’un seul jour par semaine.

La sortie de la ville n’est pas mieux que l’entrée, c’est un boulevard à 2×2 voies  que je n’ai eu à longer heureusement que sur une courte distance. Décidément Meaux est une ville pour les voitures, pas pour les gens.

C’est confirmé un peu plus loin, je passe sous un viaduc démesuré, il ne me semblait pas traverser d’autoroute importante sur mon parcours pourtant. En fait c’est juste un "petit" morceau de rocade.

Je finis par longer le canal de Meaux à Chalifert, qui longe lui même la Marne. Le chemin de halage est praticable sur certaines portions notamment autour de Condé-Ste-Libiaire et Esbly.

Nom de rue à Esbly

Je coupe une longue boucle de la Marne au niveau de Coupvray. En arrivant sur le plateau, la silhouette d’un chateau de conte de fée se découpe à contre-jour. C’est normal Disneyland n’est qu’à quelques kilomètres. En fait le château ne dépasse pas tant que ça, il y a des hôtels et d’autres attractions bien plus grosses autour.

Ça descend très raide pour retrouver la Marne en dessous de Chessy. Je m’arrête dans un parc aux surprenantes sculptures pour manger. Celles-ci ont été réalisées avec les pierres de l’ancien aqueduc de la Dhuys détruit par un bombardement de la 2nde guerre mondiale. Il y a une quarantaine de sculptures et il s’en ajoute de nouvelles tous les ans.

Jardin des sculptures à Chessy

Suit ensuite une jolie route jusqu’à Lagny qui porte le curieux nom de Quincangrogne.

Lagny est supposée être une ville historique, mais le centre-ville n’est pas très joli pour autant.

J’ai retenu la leçon d’un précédent passage dans le coin et je file rattraper le chemin de halage rive droite. Celui de rive gauche avait été impossible à suivre. Rive droite aucun problème, même le long d’une centrale EDF le passage est assuré. Du coup très rapidement je retrouve des parages plus connus de moi.

D’abord le long du canal de Chelles, je traverse la Marne à Gournay pour retrouver un itinéraire dont je suis sûr qu’il sera ininterrompu jusqu’à Paris.

La Marne à Gournay

Pas de doute on est toujours en hiver, la couleur dominante est plutôt le marron que le vert.

Alors que je voulais terminer dans le bois de Vincennes, je me suis rappelé qu’avais lieu aujourd’hui le semi-marathon de Paris. Du coup je l’ai contourné et bien m’en a pris, vu le trafic dans des rues habituellement désertes, les routes du milieu du bois devaient être coupées. Ça explique le petit crochet pour traverser à Joinville.

Carte du parcours - cliquez pour y accéder

Voila une balade de 100km avec une très grande partie sur des voies vertes : Canal de l’Ourq à l’aller, vallée de la Marne au retour. A part l’entrée et la sortie de Meaux le reste des routes empruntées est plutôt tranquille.

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