Ce week-end, de la neige tombera peut-être en région parisienne. Les autorités ont pris les devants et ont littéralement tapissé les rues de sel. La mécanique du vélo souffre, mais aujourd’hui j’ai juste fait le trajet jusque chez le réparateur. Après plus de 12000km quelques pièces de la transmission montrent de sérieux signes d’usure.
Sur le trajet, il faisait tellement beau que je n’ai pu m’empêcher de faire des zig-zags pour admirer les lacs gelés du bois de Vincennes. C’est un spectacle suffisamment rare, qui ne dure que quelques jours par an, ce serait dommage de le snober.
D’abord je suis passé sur les bords de Marne, et hormis un léger givre sur les pontons, aucune trace du froid. La puissance du courant empêche la glace de se former.
Sur les lacs du bois de Vincennes par contre, j’ai pu voir la glace apparaître tout au long de la semaine et recouvrir progressivement la quasi-totalité de l’eau.
Le lac de Gravelle, celui le plus en amont qui sert à l’alimentation de tous les autres, est tout juste entièrement pris dans la glace. Il n’y a pas d’oiseaux dessus, il faut dire que la vie est plus facile sur les autres lacs, plus proches de Paris et donc plus fréquentés par les badauds qui les nourrissent.
Les ruisseaux complètement artificiels qui partent de ce lac en traversant le bois laissent la glace sculpter des formes dans les rapides en béton.
C’était l’époque où on pensait que le béton était un matériaux qui pouvait formidablement imiter la nature. C’est à l’omniprésence du béton qu’on reconnaît les parcs et jardins aménagés sous le Second Empire, le paroxysme étant pour moi le parc des Buttes-Chaumont.
Au plus près de Paris, le lac Daumesnil est le plus beau des plans d’eau du bois. Au sud de celui-ci s’élève le temple bouddhique, un des rares vestige de l’exposition coloniale de 1931 qui a été restauré et a retrouvé un usage.
Sur l’île de Reuilly, un kiosque et une grotte sont là encore tout en béton.
Sur le lac, les canards et bernaches sont très nombreux. Les bernaches sont les plus amusantes, elles déambulent sur la glace en glissant à chaque pas.
Du simple fait de m’être arrêté pour prendre des photos, les gens m’ont posé des questions sur ces volatiles, au moins je leur aurais appris que ce ne sont pas des oies, mais bien des bernaches du Canada.
Les autres espèces, principalement des colverts et des cygnes, se concentrent à proximité des rares zones d’eau libre.
Sur le lac de St-Mandé, il n’y a qu’une toute petite zone sans glace, près de l’arrivée d’eau dans le lac. Les cygnes, colverts et foulques s’y concentrent, ainsi que les passants, plus ou moins équipés pour l’ornithologie. Le reste du lac est blanc.
Les passants ont jeté de nombreuses branches et cailloux pour éprouver la solidité de la glace et il y a même quelques traces de pas. C’est bien dommage que l’homme ne puisse s’empêcher de salir ces paysages éphémères.
Je suis également passé par le château de Vincennes. Malgré la grâce de son donjon, il est généralement boudé par les touristes. J’aime bien en traverser la cour, même s’il faut tenir le vélo à la main. En même temps je ne regrette pas cet état de fait, les pavés sont très inconfortables quand on roule dessus.
J’ai pu déposer mon vélo et me voila donc redevenu piéton pour quelques jours, à savourer la lenteur de la marche et les horaires des transports en commun.
Quoiqu’il me reste le vélo pliant























































